Cloclo, un biopic dans les clous

vendredi 16 mars 2012 | Fabien Randanne

Annoncé comme la "grosse sortie" de la semaine, Cloclo, réalisé par Florent Emilio Siri, est à ranger du côté des films biographiques réussis (ils sont rares). La preuve par quatre.

 

Pour les gros fans et les profanes

Vous n’êtes pas du genre à vous exclamer « BA-RRA-CU-DA ! » lorsque vous entendez Alexandrie, Alexandra ? Vous suffoquez dès les premières notes de Belles, belles, belles ? Le téléphone pleure vous donne l’envie de vous inscrire aux abonnés absents ? Bref, si vous aviez un marteau, vous casseriez toute la discographie de Cloclo… Vous pensez alors que ce biopic n’est pas votre came. Détrompez-vous.

Bien sûr, vos tympans seront soumis à intervalle réguliers à l’écoute des tubes du Mal aimé, mais Florent Emilio Siri regarde en dessous du vernis kitsch et s’intéresse à l’homme. Après un début plutôt rasoir, Cloclo trouve son rythme lorsque le scénario arrive à l’année 62. On se surprend alors à découvrir Claude François extrêmement complexe et même… à écouter ses chansons d’une autre oreille.

Les auréoles sont sous les aisselles, pas sur la tête de Cloclo

Claude François Junior et Marc, les fils du chanteur, ont participé à la production du film, mais Cloclo est loin d’être une hagiographie. « Il était bien clair dès le départ, qu’avec Florent, nous faisions le film que nous souhaitions, explique Julien Rappeneau, le coscénariste. [Les fils de Claude François] ont pu lire le scénario mais ne sont pas intervenus dessus, hormis pour apporter certains détails biographiques. Eventuellement, ils ont pu discuter avec nous de certains points qui leur posaient problème. A charge alors, pour nous, de leur expliquer notre point de vue et ce pour quoi, il était important d’évoquer tel ou tel aspect du personnage. »

Sur grand écran, on découvre un Claude François torturé, obnubilé par le contrôle de son image, se souciant peu des dommages collatéraux sur ses proches. Pas toujours sympathique, mais un être faillible et plein de failles, un humain comme un autre.

Une machine à buzzer

Il est de notoriété publique que Claude François était un perfectionniste capable de colères furieuses quand rien ne se passait comme il le prévoyait. On retrouve ce caractère explosif à l’écran mais le Cloclo de cinéma est davantage qu’un control freak. Soif de reconnaissance, jalousie maladive, peur que le succès le délaisse… il est avant tout un homme agité par ses angoisses. Et si l’on sait que Claude François c’est aussi le magazine Podium, la maison de disque Flèche, les Clodettes… le film remet tous ces éléments en perspective et montre combien il a joué un rôle de précurseur dans une certaine approche du marketing musical.

Lui, qui a fondé le premier fan-club français, n’a cessé de mettre sa vie en scène – allant jusqu’à cacher l’existence d’un de ses fils – de créer l’événement pour maintenir sa carrière. Le film rappelle aussi que Claude François a fondé son agence de mannequins, a joué les photographes pour Absolu, son magazine érotique… Claude François est bien plus qu’une paire de bottines et un col pelle à tartes.

Jérémie Renier à l’aise dans ses bottines

Gros atout du film : l’interprétation. Evidemment, la ressemblance entre Jérémie Renier et l’interprète de Magnolias forever est troublante. Nul besoin de faire disparaître les traits de l’acteur sous d’épaisses couches de maquillage. Du coup, le jeune belge ne se retrouve pas réduit à un travail d’imitation.

 

Son interprétation, bien que ne singeant pas les attitudes de Claude François, est confondante. Les seconds rôles, eux, ne sont pas cantonnés à la fonction de faire-valoir. Mentions spéciales à Monica Scattini en mère de Cloclo et Joséphine Japy en France Gall.

> Cloclo, réalisé par Florent Emilio Siri, France, 2011 (2h28).

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