"Belles familles", escapade sympathique mais vite oubliée

mercredi 14 oct. 2015 | Marco Pierrard

Moyen

Jérôme Varenne, installé à Shanghai, est de passage à Paris où il apprend que la maison de son enfance est au coeur d’un conflit local. Il décide de se rendre sur place, sans se douter que cette décision va changer sa vie.

Depuis plus de dix ans, Jérôme Varenne (Mathieu Amalric) vit à Shanghai avec sa compagne et collaboratrice Chen-Lin (Gemma Chan). Profitant d’un voyage d’affaires en Europe, il fait une escale à Paris pour passer une soirée avec sa mère (Nicole Garcia) et son frère (Guillaume de Tonquédec). Au détour d’une conversation, il apprend que leur ancienne maison de famille est au coeur d’un conflit local inextricable impliquant Grégoire (Gilles Lelouche), l’un de ses amis d’enfance, et le maire de la ville (André Dussollier).

Bien décidé à régler ce problème immobilier qui le touche personnellement, Jérôme se rend à Ambray, sa ville natale, avant de rejoindre sa compagne à Londres pour une réunion. Mais rien ne va se passer comme prévu. L’escapade provinciale de Jérôme, qui ne devait durer que quelques heures, va se prolonger au fil des rencontres, parfois surprenantes, et changer radicalement sa vie.
Douze ans après Bon voyage (2003) et un projet avorté pour cause financière, Jean-Paul Rappeneau revient au cinéma avec une comédie dramatique certes distrayante, mais qui ne laisse pas une empreinte indélébile dans la mémoire du spectateur.

Joyeuse troupe

Du rythme, du rythme, du rythme ! Cette injonction on l’imagine aisément dans la bouche du réalisateur sur le tournage de son huitième film. Dans Belles familles tout va très vite : le jeu des acteurs est aussi dynamique que le montage du cinéaste qui ne laisse aucun temps mort s’immiscer dans les scènes, souvent survoltées. Un parti pris qui peut surprendre par moment, notamment lorsque les acteurs - dès le début du film - se lancent dans des échanges qui rappellent ceux que l’on a plutôt l’habitude de voir sur une scène de théâtre.

En poussant l’énergie de ce casting de haute volée, Jean-Paul Rappeneau compose une symphonie très rythmée, mais flirtant parfois avec la surenchère. Le talent des comédiens réunis - et le charme magnétique de Marine Vacth, il faut bien l’avouer - permet de capter l’attention alors que les nombreux rebondissements s’enchainent à l’écran. Malheureusement, l’effet magique s’estompe peu à peu et le film ne laisse pas un souvenir impérissable une fois le générique fini.

Un repas familial qui laisse sur sa faim

Avec son rythme soutenu, Belles familles joue la carte de l'enchaînement des péripéties - certaines attendues - au risque de perdre de vue son propos. Voulu comme un « film sur la province, la France profonde mais dans le bain de la mondialisation » par le cinéaste de 83 ans, cette comédie dramatique fait plus sourire qu’elle n’émeut et peine à développer ce thème, entre deux portes qui claquent. Dans certaines scènes, la nostalgie de l’enfance que Mathieu Amalric ressent au contact de la maison dans laquelle il a grandi est bien présente, mais  rapidement mise de coté quand tout s’accélère à nouveau. Enfin, l’infidélité - autre thématique latente du film - vient finalement parachever l’impression de fouillis qui se dégage de cet ensemble sympathique mais finalement assez vain.

Plus amusant que touchant, le grand retour de Jean-Paul Rappeneau derrière la caméra séduit par une vitalité réjouissante, qui est également sa limite. Les performances des acteurs permettent de passer un moment plutôt agréable, sans plus.

Belles familles, réalisé par Jean-Paul Rappeneau, France, 2015 (1h53)

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