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Balade dans Paris avec les Street Artists

lundi 20 août 2012 | Karen Latour

« La rue, c’est le musée que l’on fréquente tous les jours ! » sourit le colleur Combo. Un musée qu’on ne prend pas le temps d’apprécier. Alors sortez des sentiers battus et chassez les œuvres de street artists comme Léo&Pipo et Thom Thom. 

Article publié sur StreetPress.com le 6 août 2012. 

Fred le chevalier, poète dessinateur, colle des personnages androgynes en noir et blanc

Fred Le Chevalier approche de la quarantaine mais n’expose ses dessins doux et mélancoliques que depuis trois ans. D’abord dessinateur, ensuite street artist, une appellation qu’il n’apprécie pas tellement, il rêve qu’on le qualifie de poète : « j’ai envie que mes dessins soient une sorte de porte-bonheur pour les gens qui les regardent. »

Où le trouver dans Paris ? Montmartre, le Marais, Belleville. Et sinon, il expose en ce moment à la galerie Nivet-Carzon.

Fred Le Chevalier. Photo StreetPress

Comment choisis-tu les murs où tu poses ?

Quand j’ai commencé, je collais un peu au hasard. Erreur de débutant, je collais là où il y avait déjà des graffitis, des collages… J’avais l’impression de faire partie d’un ensemble plus vaste en faisant ça. Mais j’ai vite compris que ça ne marchait pas. Depuis, je colle que sur des murs moches, des murs vivants pour le dire plus positivement. Des murs qui ont déjà vécu. Tout simplement parce que mes collages ont moins de chance d’être arrachés.

Moi j’aime la quantité, ça m’excite d’en faire beaucoup. Je me suis aussi attaché à des murs : j’en ai trois, quatre à Paris où je reviens régulièrement. J’ai remarqué que mes collages y restaient souvent, c’est une sorte de rendez-vous avec des personnes qui aiment mes dessins. J’aimerais garder les deux : le hasard du début et l’habitude de la suite.

De qui t’inspires-tu ?

Certains de mes modèles sont mes amis, c’est le cas pour mon collage sur l’homosexualité. Je pense que je vais en coller un où ils habitent ! J’aime bien faire ça, coller là où mes amis vivent ou travaillent.

Jony, colleur de raton-laveurs prêts à envahir la ville

Jeune Mexicain ne parlant pas encore Français, débute dans la capitale. Passionné de dessin, son truc, c’est le raton-laveur qui vient envahir la ville. Sur la lune aux côtés d’Armstrong ou incrusté derrière des messages tels « We will be back », il décline l’animal masqué sous toutes les formes possibles.

Jony. Photo StreePress

Quels sont les quartiers où tu préfères aller ?

J’aime le Marais pour ce qu’il propose, mais j’aime pas le côté branché, le fait que l’on soit les uns sur les autres. Alors je ne colle pas là-bas ! Par contre, je suis fan du 13ème, j’aime bien le côté quartier dortoir en fait. Pour moi, le vrai Paris c’est celui des années 70, quand on s’est mis à construire parce qu’on s’est rendu compte qu’il n’y avait plus assez de place. Le Paris du centre, ce n’est pas celui pour vivre.

Est-ce que tu colles au hasard ?

Non, souvent, je repère à l’avance où je veux poser. Je suis avec tout mon attirail, c’est super lourd et encombrant. J’ai souvent un copain qui vient, il ne colle pas mais il prend des photos. Moi, je lui dis d’arrêter, pour ne pas qu’on se fasse remarquer ! Je stresse trop. Trois jours avant ma pose je me dis toujours « putain mais si je me fais gauler. »

Ta passion première, c’est le dessin. Tu le poses ensuite ?

Oui, avant d’aller dans la rue, je préfère avoir un bon dessin parce que tous les dessins ne font pas sens dans la rue… ça m’énerve les mecs qui oublient de travailler, d’avoir un discours et qui collent sans réfléchir.

Method Graphic, graffeur écolo, nettoyeur de murs et fan du pochage inversé

Joseph de son vrai prénom, 36 ans, fait du pochoir inversé : il dessine sur les murs en les lavant plutôt qu’en les taggant. Apparaissent ainsi des têtes blanches sur les murs noircis de la capitale. Il dessine souvent des personnages historiques comme Gainsbourg, Obama ou Victor Hugo. Depuis peu, il s’est lancé dans le « fashion street art », la customisation du mobilier urbain comme les poubelles ou les plaques d’égout.

Method Graphic. Photo StreetPress

Tu parles souvent de « l’histoire des murs » de Paris. En quoi c’est important ?

Un mur, c’est un bout d’histoire. La poussière est chargée de révolutions, de guerres… Les murs sont un stockage de souvenirs qui ne demandent qu’à parler et c’est à moi de les révéler. Je prends la poussière des murs, je l’enlève mais sans jamais détériorer le support, c’est important de respecter ça. Tracer la tête de Victor Hugo à côté de sa maison, ça a un sens pour moi. En fait, je fais de l’histoire avec de l’Histoire, c’est ça.

Où voudrais-tu mettre un de tes pochoirs ?

A l’Orangerie ! Je voulais mettre une des reines de France, je ne me rappelle plus de son nom. Je voulais la mettre sur une des deux tourelles tu sais… Maintenant que ça a été refait à neuf, c’est fini. Le drame !

On s’est rejoint à Saint Germain des Prés pour une session de « fashion street art. » Pourquoi cet endroit ?

L’endroit est stratégique : on est à St Germain des Près, lieu du luxe à la française, juste à côté de la boutique de JC de Castelbaljac. Je sais qu’il aime bien le street art donc je me suis dit que c’était le meilleur endroit pour décorer des plaques d’égout – avec des carreaux vichy, c’est la mode. Sur les poubelles je mets plutôt du Burberry ou du Vuitton. En fait, je fais du street art de haute couture ! J’aime bien dire « street art républicain. » 

La suite sur StreetPress, avec Combo, Thom Thom, Léo & Pipo. 

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