Argo, la réalité digne du meilleur scénario

mercredi 7 nov. 2012 | Etienne Baiffer

Parfois, la réalité dépasse ce qu'un scénariste pourrait imaginer. La preuve avec le troisième film réalisé par Ben Affleck. L'un des meilleurs longs métrages de l'année, tout simplement. 

Photo Warner Bros

L'histoire est incroyable. Mais vraie. En 1981, en Iran, la CIA a bel et bien organisé une opération d'exfiltration de neuf Américains, qui avaient trouvé refuge à l'ambassade du Canada, à Téhéran. Ils avaient réussi à s'enfuir lorsque l'ambassade américaine a été prise d'assaut par des militants pro-Khomeini, au plus fort de la révolution iranienne. Ils ont échappé à la prise d'otages, mais n'étaient pas pour autant à l'abri du danger. Tony Mendez, spécialiste de l'exfiltration, a échafaudé un plan consistant à faire avaler aux autorités iraniennes qu'un film de fantasy allait être tourné dans le pays. L'idée étant de faire passer les six Américains pour des Canadiens membres de l'équipe de tournage, et de leur permettre ainsi de quitter le pays sans être inquiétés.

Un thriller paranoïaque, à l'américaine

A la lecture du pitch, il ne fait aucun doute que cette histoire, aussi abracadabrante que réelle, avait tout le potentiel en suspense et en surprises pour être transposée sur grand écran. Le scénario est passé entre plusieurs mains, et c'est finalement Ben Affleck qui a été chargé de le réaliser. Après Gone Baby Gone(adaptation d'un polar de Dennis Lehane plutôt réussie, mais dont l'intérêt résidait essentiellement dans son twist) et The Town (thriller dramatique remarqué malgré son relatif manque d'originalité), l'acteur-réalisateur signe un film parfaitement maîtrisé qui lorgne, côté ambiance, vers les thrillers paranoïaques américains des années 1970 (Les Hommes du président, A cause d'un assassinat, Les trois jours du Condor...).

Photo Warner Bros

Après une rapide présentation du contexte et de l'histoire de l'Iran, il entre dans le vif du sujet avec des scènes tournées en super 8, ressemblant à s'y méprendre à des images d'archives. On embarque alors pleinement dans le récit de cette exfiltration extraordinaire, riche en moments de tensions. Ben Affleck parvient à mêler des éléments de comédie pure aux codes du thriller et du film d'évasion. C'était une gageure. Placé au centre du film, le segment "hollywoodien", dans lequel les lubies des producteurs et les caprices des scénaristes prêtent à sourire, fait office de bulle d'oxygène. Cette "respiration" permettant aux nerfs du spectateurs de se détendre avant qu'ils soient mis à rude épreuve par la suite. Il est vivement recommandé de ne pas quitter la salle avant le générique de fin, qui met en parallèle des photos du films et des images d'époques. D'ultimes preuves pour assurer au lecteur que rien n'a été inventé.

> Argo, de Ben Affleck, Etats-Unis, 2012, 1h59. 

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